Un mois avec…

Concours 100% Vargas!


Ils ont gagné!


Comme prévu dans le règlement, deux gagnants - un qui a participé à la librairie, l’autre sur Facebook - ont été désignés par notre jury.
Les colis de leurs prix (un an de lecture!) partent ce jour des bureaux des éditions J’ai lu comme vous pouvez le voir ci-contre.
Quoi qu’il en soit nous remercions chaudement tous les participants et participantes à cet exercice qui a donné lieu à des textes d’un niveau vraiment remarquable, et merci aux éditions j’ai lu d’avoir bien voulu nous accompagner dans ce projet!
Pour que vous en jugiez vous-même nous partageons ici les deux textes lauréats et il y a fort à parier que, comme nous, vous aurez l’envie de connaître la suite ;)

Texte lauréat soumis sur Facebook

La gare était déserte, froide et lugubre. Fidèle à l'idée qu'on se fait d'une gare de province aux premières heures d'un dimanche pluvieux. Une jeune femme assise regardait le panneau d'affichage, très droite, indifférente aux gouttes d'eau qui glissaient sur son imperméable beige pour se rejoindre au sol.Elle remuait les lèvres comme si elle murmurait chacune des indications horaires. Brusquement, sans raison identifiable, elle se leva et parcourut les quelques mètres qui la séparaient du guichet derrière lequel deux hommes avachis fixaient, l'un le journal local, l'autre l'écran de son téléphone.
- Un billet pour Paris s'il vous plait. Aller simple.
- Y'a un distributeur automatique de billets sur la droite, marmonna le lecteur de journal sans lever la tête.
- Il y a aussi d'aimables guichetiers en face de moi et, franchement , je préfère, répondit elle avec un sourire de louve. L'homme au téléphone se mordit les lèvres. Son collègue pianota sur son ordinateur et tendit un billet à la jeune femme.
- Vous changez à Alençon. 10 minutes. Même quai. Elle remercia et tourna les talons.
- Elle a des yeux bizarres, mais de l'humour .
- Des yeux vairons, pas bizarres, vairons, répliqua l'émetteur du billet qui était lent pour l'implicite mais qui avait du vocabulaire. Tandis qu'il expliquait vairon, la femme, ignorante de la conscience pédagogique qu'elle avait réveillée, choisissait une soupe à la tomate au distributeur de boissons. Elle but la moitié du gobelet, debout devant les portes vitrées ruisselantes. De la main enfoncée dans l'imperméable, elle malaxait un morceau de papier sur lequel étaient inscrits les cinq prénoms. Un peu plus tôt, devant le panneau d'affichage,elle avait associé à chacun le nom d'une des gares desservies. Serge... Surdon; Florent... Flers; Noé... Nonancourt; Victor... Vire. Sauf le dernier, Jean-Baptiste, fixé par son trait d'union dans le maillage de sa mémoire. Un petit exercice plus amusant qu'utile qui lui donnait l'impression d'être un agent secret. Elle lâcha la boulette de papier dans le gobelet qu'elle remua en tournant gracieusement le poignet. Quand il n'y eut plus au fond qu'une bouillie infâme, elle le jeta et poussa les portes pour rejoindre le quai. Pendant ce temps, les deux guichetiers avaient presque épuisé le sujet de l'hétérochromie.
- C'est marrant, hier aussi un type avec les yeux bizarres a pris un billet pour Paris.
- Vairons ! Ah ouais ? C'est bizarre…

Sophie Cypriani

Texte lauréat soumis à la Librairie Nouvelle

À part le chou, qui aurait pu lui rappeler les garbures partagées avec Veyrenc, rien ne lui plaisait dans cette assiette, à son goût trop élégamment dressée sur une nappe à carreaux qui ne méritait pas tant d’égards. Un piège à touristes, pour qui l’Alsace était forcément synonyme de choucroute, dans lequel il était également tombé. Mais faut dire que le choix était restreint, un dimanche soir, à Colmar… , tentait-il de se convaincre attablé dans un décor de carte postale, devant un verre de sylvaner. Décidément, les clichés avaient la vie dure dans cette région, et le coup de fil qu’il avait reçu le matin-même aurait dû le mettre sur la piste.
- Adamsberg ? Malard, PJ de Strasbourg. On a besoin de vos lumières ici.
- Strasbourg ?
- Oui. Une histoire de disparition d’œufs de cigogne sur les toits de la région, qui…
- Vous m’avez pris pour un ornithologue ?
- Si vous aviez pris la peine de me laisser finir ma phrase, commissaire... Depuis un mois, un groupe d’écolos, passablement casse-couilles, je vous le concède, vient toquer à la porte des commissariats de la région pour nous signaler l’absence d’œufs de cigogne dans les nids, alors que nous sommes en pleine période de ponte. Selon eux, des vols, aucun doute possible.
- Je ne vois toujours pas le rapport avec moi.
- J’allais y venir. Hier, un de ces écolos acrobates a escaladé une cheminée, à Colmar, et s’est fracassé 15 mètres plus bas. Sans doute le choc de ce qu’il a vu là-haut.
- Un nid vide ?
- Je ne vous aurais pas appelé pour ça, commissaire. Y’avait pas d’œuf, en effet. Enfin si, mais sa coquille état déjà craquelée. Il avait été vidé pour y introduire quelque chose. Un fœtus.
- Vous savez à quelle heure arrive le prochain train ?
 
Mickaël Simon


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