Lectures des confins

Les Voyageurs de l’Espérance

Georges Duhamel (Librairie Gedalge, Paris, 1953)


Par Diana:


Suite à l’explosion de la bombe Z, la famille Fromond (13 personnes) et ses deux employés sont contraints d’embarquer sur le bateau L’Espérance. Cette dérive dans un paysage marin de désolation est due à la brusque montée des eaux qui a englouti l’Europe et les autres continents. Les rescapés échouent sur une île du Pacifique et organisent leur survie. Le survol d’un avion bolivien leur apporte l’espoir de retourner à la civilisation. L’incertitude quant aux mœurs d’un éventuel pays d’adoption les incite cependant à demeurer sur leur territoire d’utopie où la renaissance d’une civilisation bienveillante à l’échelle d’une famille devient l’unique salut.
Ce texte résonne étrangement en cette période de confinement sanitaire. D’une part il met clairement en doute le capitalisme comme outil de développement durable. L’utilisation de la technologie sans éthique est un leurre pour l’humanité et le monde du vivant (animaux, plantes). D’autre part la vision caricaturale de l’auteur révèle une hiérarchie sociale distinguant les hommes (action physique et réflexion) et les femmes (travaux domestiques et gestion des enfants), l’employeur bourgeois et ses salariés (Grégoire le jardinier et sa femme). Cette constatation genrée ôte une bonne partie de l’intérêt à cette fable pertinente sur les causes et les effets de l’anthropocène.


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